Création

Le Roi Lear 2017-09-08T13:29:53+01:00

Le Roi Lear

Texte : William Shakespeare
Scénographie et mise en scène : Éric Louviot

Durée : 2 h 40

Avec : Christian Anger, Arnaud Aubert, Sophie Caritté, Nicolas Dubost, Jean-Marc Dupré, Arno Feffer, Julien Fleury, Reynald Fleury, Olivier Hervéet, Éric Louviot , Isis Louviot, Arzela Prunennec, Marie-Laure Spéri, Élisabeth Tual et Benn Valter

Traduction : Pascal Collin, Dramaturgie et assistanat : Véronique Piantino,
Régie générale : Fabrice Auvray, Création lumières :  Estelle Ryba, Musiques : Renald Fleury,
Costumes : Benito Bosli, assisté de Marion Danlos

C’est le monde/démon et l’acteur est au milieu.

Le projet de la compagnie, commencé avec  « La résistible ascension d’Arturo Ui » qui posait la question de l’aveuglement des masses légitimant la folie du pouvoir, et ses conséquences  « Berlin ton danseur est la mort »,  « Liquidation »,  « Opus Incertum 1 », s’est prolongé depuis. Alors naturellement l’œuvre hors du temps de Shakespeare résonne comme une non-réponse ou un constat d’échec à toute tentative de réconciliation de notre propre dualité. Les personnages de Lear sont des postures ou des impostures, c’est selon. Des effigies du monde dans son doute et ses contradictions.

La question du territoire, qu’il soit géopolitique, social ou de l’intime, est au centre : elle implique les notions essentielles d’extérieur, d’intérieur, de l’exil… de sa place dans le monde, de l’identité donc. Chacun porte sa part de responsabilité dans la vie mise en œuvre, et le choc des contraires impliquant le chaos , nous force à reconnaître, et c’est là tout le génie de Shakespeare, qu’il y a coexistence entre eux, qu’ils sont consubstantiels au théâtre et indissociables de sa nature.

Avec Shakespeare, la grande machinerie humaine au sang pur et vicié ne peut être qu’une pièce/piège pour acteurs, en expérimentation, en doutes, en essais de coller ou recoller les morceaux épars des déchirements successifs. Quand nous naissons, nous pleurons de débarquer sur ce grand théâtre de fous… Lear, Acte IV, scène 6

Le théâtre du monde a échoué en un asile qui effraie tout nouvel arrivant, paniqué par la perspective d’intégrer un monde pareil. Ce monde est fou. Il marche sur la tête. Ce n’est pas la période actuelle qui nous contredira. Mais foin d’actualiser ou de rendre moderne l’œuvre du grand poète, force est de constater que Shakespeare se situe hors du temps, et, de ce seul point de vue, reste le dramaturge le plus contemporain.

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