Cairn - processus de création

Paroles incandescentes 2017-09-11T09:24:49+00:00

Un cairn est un monticule de pierres édifié par des marcheurs pour marquer un repère, indiquer un passage. Au TANIT THÉÂTRE, les cairns sont un format expérimental, un temps de recherche, d’exploration de pistes de travail, inconnues ou peu exploitées, des études dégagées des contraintes ordinaires de la représentation. Ils sont des jalons dans le processus de création de la compagnie.

visuel saison 2017-2018 tanit théatre FADWA SULEIMANE

Paroles incandescentes,
Prophéties d’amour

Fadwa Souleimane : poète, comédienne, metteur en scène
Arnaud Aubert :
metteur en scène, comédien

Cécile Brunel : comédienne
Caroline Deyber : clown, performeuse
Bertrand Lemarchand : musicien
Marion Motte : musicienne
Estelle Ryba : lumières
Hervé Mazelin : scénographie

Vendredi 30 mars à 14 h et 20 h 30
Au TANIT THÉÂTRE

Comme une réplique sismique de la saison dernière lors de la soirée Tu lis-tu ? : Quand l’Orient nous livre ses mots, nous nous réunirons pour un travail poétique engagé auprès de Fadwa Souleimane.

Militante pacifiste, égérie de la révolution syrienne, elle apparaît comme la véritable voix, figure de la non-violence, contre le régime d’Al-Assad. Alaouite, comme lui, elle se montre comme « l’alaouite-qui-dit-non-à-Assad » pour contredire le cliché qui dit que toute cette communauté, représentant 10 % de la population syrienne, soutient le régime en place.

Sa tête mise à prix, ses compagnons torturés et exterminés, elle est exilée à Paris depuis 2012 pour défendre la liberté et la dignité de ses compatriotes.

Et sa voix, à nulle autre pareille, qui porte avec tant d’autres l’échec de la phase pacifique de la révolution syrienne, campe sur une position pacifiste radicale et plaide pour une révolution spirituelle : « Je refuse les armes, je refuse la guerre. Ce sont les idées, la pensée qui doivent conduire les politiciens ».

Programmer Fadwa, en ces temps incertains n’est pas anodin. Lisieux, ville doublement millénaire, détruite à plus de 80% lors de la seconde guerre mondiale, ne peut être indifférente aux déversements de bombes et aux pilonnages de mortiers qui défigurent depuis plus de six ans des cités ancestrales d’une civilisation séculaire, l’un des berceaux de notre humanité, et engendrent le chaos et la migration de millions d’innocents et la mort de plusieurs centaines de milliers d’autres.

« En 2011, je suis sortie dans la rue, nous sommes sortis dans la rue pour nous rebeller, pas pour engager une lutte armée contre le pouvoir. Je ne veux pas être “contre”. Le problème, c’est le pouvoir. Face à l’absurdité et au silence du monde, est-ce que l’Art change quelque chose ? Je me pose la question mais je continue pour être avec vous. »

Comment réveiller les consciences et se mobiliser face aux dirigeants du monde entier qui ont oublié les valeurs
humaines et font passer l’intérêt de leur État avant la vie
du peuple ?

Comment défendre notre droit à la liberté et à la dignité ?

Au-delà de la révolution syrienne, Fadwa Souleimane, au nom de tout un peuple, interpelle notre humanité et notre responsabilité. Son chant, au-delà des murs et des frontières, réclame justice et porte l’espérance.

« ô trônes de papier
ces chemins sont abreuvés du sang de mes frères
ils en sont ivres
et la terre n’oublie pas
elle les préservera
elle les glorifiera
elle les ressuscitera car un grain de blé
une fois semé
donne un épi de sept grains
à l’aspect identique
et au but unique
ô trônes de papier
coupez le grain de sa substance comme vous voulez
appelez-le ivraie si cela vous chante
l’univers qui vous écoute prend note
l’univers protège ses épis. »

Fadwa Souleimane

« Qui suis-je encore
quand mon visage
mon nom
la fleur de ma jeunesse
ma langue
ma voix
ma mémoire
sont restés là-bas ?
habillée des débris de mon pays. »

Fadwa Souleimane

« Sel sur blesssure
eau sur argile
nous ne sommes que souvenirs
filant à travers le temps. »

Fadwa Souleimane

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