Mis à jour le 14 septembre 2021

« Mon fils » compagnie du Rameau d’or

Du 1 au 6 septembre 2021

Mon fils

Un coup de téléphone vient annoncer la mort d’un certain Srul (qui est le prénom Yiddish d’Israël) à Pierre Lefrançois. Le défunt est en fait le père de Pierre. Les deux hommes se sont brouillés plus de 30 ans auparavant et ne se sont jamais revus.

Pierre est sommé, s’il veut bénéficier de l’héritage, d’aller veiller le corps de ce Srul. En plus de devoir porter une kippa, lui qui n’est pas juif devra également lire les mémoires de ce père, durant la veillée funèbre. Pierre et Srul seront réunis toute une nuit durant, dans l’appartement « paternel », les âmes des deux hommes en conflit évolueront vers une réparation commune, qui permettra au fils de comprendre qui il est, où il va, de faire le deuil de ce père qu’il n’a pas eu.
Pour le père il s’agira de réparer ses erreurs pour pouvoir quitter ce monde en paix pour ne pas être un dibukh (fantôme), damné, perdu pour l’éternité ayant fuit ses responsabilités de père et de vivant, par son retrait du monde.

Cette nuit sera celle de la transmission, de l’apprentissage, du deuil, de la résilience, de la réparation pour les deux âmes : tous les nondits et les noms-dits feront vivre les deux protagonistes dans un entre deux mondes, entre la vie et la mort, le rêve et la réalité. Comme on dit en hébreu l’chaim !!! À savoir : à la vie ! A celle de ce monde et à celle de celui à venir. Un lien de filiation post-mortem est-il possible avant que le jour ne se lève ?

La pièce abordera également la difficulté de vivre après la Shoah, pour cet homme ayant perdu toute sa famille dans les camps. Un voyage mystico psychanalytique en perspective.

Comment aborder les conséquences transgénérationelles de la Shoah ? C’est ce qui a alimenté mon écriture. Chaque génération reçoit l’héritage culturel de ses prédécesseurs, mais aussi ses traumas, ses non-dits, ses fantômes.

Petit-fils d’un survivant de la shoah ayant perdu toute sa famille dans les camps, jusqu’à être le dernier à porter son nom de famille, j’ai reçu cet étrange héritage. Ma famille a vécu avec ses fantômes et avec ses blessures qui aujourd’hui encore perdurent. Les derniers survivants de la shoah s’en vont peu à peu. Que reste-t-il de leur mémoire ? Comment continuer à la transmettre en réparant les morts ainsi que les vivants… ?

Les personnages de cette histoire représentent différents membres de ma famille existants ou ayant existés. J’ai écrit cette pièce en voulant partager mon ressenti de descendant de troisième génération, partager cette mémoire et ses blessures encore existantes sous son prisme contemporain. J’ai voulu dans ce texte aborder les difficultés et la culpabilité que peut éprouver un homme ayant survécu à la barbarie Nazie.
Comment peut-on vivre après ? Peut-on guérir ? Se reconstruire ? Fonder une famille ? Les pulsions de vie peuvent elles rétablir l’humanité sur les cendres de thanatos ? Peut-on accepter et vouloir mettre un être au monde dans de telles conditions ?

La pièce abordera également entres autres concepts, la laïcité, les judaïsmes, l’identité. Le texte alterne entre fiction, réalité familiale, et conte mystique.

Erwan Zamor Szejnok

Texte et mise en scène
Erwan Zamor Szejnok
Avec
Jean-Philippe Bêche et Erwan Zamor Szejnok
Création d’ambiance sonore
Nathanaël Minet et Erwan Zamor Szejnok

Il n’est pas prévu de représentation à l’issue de cette première résidence de création.

La compagnie reviendra en janvier 2022 pour un second temps de travail, à l’issue duquel une présentation au public aura lieu.

L’Adami accompagne le projet dès sa conception avec la bourse Adami Déclencheur.

 

Le  TANIT Théâtre accueille en résidence la compagnie du Rameau d’or pour la mise en scène et la création des lumières.

 

La CITE THEATRE D’Olivier LOPEZ ouvre ses portes pour que « Mon Fils » soit présenté lors d’une lecture mise en  espace pour les professionnels de la région Normandie.

Le site de la compagnie du Rameau d’or