2012

Le Ventre de la mer
Alessandro Baricco
Collectif artistique dirigé par Arnaud Aubert
Avec Jean-Marc Dupre, Arno Feffer, Guillaume Hermange.
Lumière : Tony Pontin - Régie : Estelle Ryba.




Les Demeurées
Jeanne Benameur
Scénographie et mise en scène : Eric Louviot.
Avec Isis Louviot.
Lumière : Estelle Ryba - Musique : Karinn Helbert - Video : Christophe Tostain.




2011


Le Fredon des taiseux
(Itinérances)
Eugène Durif
Collectif artistique dirigé par Arnaud Aubert :
Hubert Fourez, Karinn Helbert, Xavier Libois, Jean-Marc Dupré.

Sur la route, la marche me requinque.
Près de la maison, dans la cabane un sac de vrac que j’avais laissé là. Sors-le donc ! Mets-y ta vieille peau, mets-y donc tout ce que tu veux balancer, ta vie d’avant et tout ce qui te pèse au corps, cache le sac sous un tas de fumier et va-t-en dormir, quand le coq se mettra à chanter, tu te réveillerais tout ragaillardi, tu pourras danser tout seul une gigue à la six-quat’deux pour fêter çà comme il se doit, dans la lourdeur de ton corps, les pieds dans la boue et la tête retournée vers un ciel de pluie, bouche grande ouverte d’où me viennent ces presque paroles aux lèvres, marmonnements et chantonnements d’arrière-gorge. Allez, remettez-nous donc çà.



2010


A Plein gaz
(Itinérances)
Serge Valletti
Mise en scène : Eric Louviot

C’est fini. C’est vrai. C’est étrange, non ?
Quelque chose qui commence par la fin. Et pourtant ça arrive. La preuve.
Forcément, les gens, après ils vont dire :
Mais si c’est fini, on a qu’à s’en aller !
Eh bien ! Allez y ! Ceux qui veulent partir, c’est le moment !
Après ce sera trop tard !
J’aurai prévenu.




La Ville suspendue
(Itinérances)
Bruno Allain
Mise en scène : Eric Louviot, Marie-Laure Spéri

ELLE : - Page vierge, immaculée, au petit matin, le brouillard, la prairie en cheveux blancs, les vaches qui fument, le bois à Janu effacé d’un coup de craie, au petit matin comme ça, que ça attend encore le lever définitif du jour, j’aime.
J’aimais.



2009


Crises de mer
(Itinérances)
Christophe Tostain
Mise en scène : François-Xavier Malingre

Suzie : Mon fils et moi / Micka : avec la mère / Suzie : nous habitons ici
Micka : en bord de mer / Suzie : depuis des années / Micka : des éternités
Suzie : il y est né / Micka : elle y est née / Suzie : son père y est né
Micka : le père y est mort / Suzie : sa sœur y est née
Micka : la sœur s’est barrée
Suzie : grands-pères et grands-mères y sont nés
Micka : les ancêtres sans doute aussi
Suzie : non les ancêtres n’y sont pas nés
Micka : y sont pourtant enterrés oubliés
Suzie : ils avaient quitté la Bretagne
Micka : toute une colonie / Suzie : ils avaient quitté la faim la misère
Micka : après la guerre / Suzie : la première
Micka : et par charrettes entières ont débarqué ici / Suzie : pour vivre ici
Micka : d’abord pour travailler ici / Suzie : en Normandie
Micka : à Dives sur mer / Suzie : Mon fils et moi / Micka : avec la mère
Suzie : nous habitons ici à Dives-sur-Mer.




2008 - 2009

Itinérances
Géographie des territoires de l’intime
Pour inscrire une mythologie du quotidien de ces "vies minuscules" et ses rêves d’ailleurs, nous avons demandé à quatre auteurs et à partir de rencontres avec les habitants du Pays d’Auge, de travailler et d’écrire autour des thèmes suivants :

Christophe Tostain Crises de mer
L’effacement de la vie ouvrière du littoral.

Bruno Allain La Ville suspendue
Quand il devient dur de travailler et de vivre au pays :
Faut-il partir ? Faut-il rester ?


Serge Valletti A Plein gaz
L’enthousiasme populaire pour la figure charismatique rattachant le site ouvrier de Wonder et son démantèlement, à l’équipe de football de l’Olympique de Marseille.

Eugène Durif Le Fredon des taiseux
La vitrine extérieure au travers de l’imagerie populaire des pommiers, des vaches et des chaumières, et la réalité intérieure avec l’effondrement de la filière paysanne et la paupérisation des nouveaux recyclés.



2007


Le Chant du Dire-Dire
Daniel Danis
Mise en scène : Eric Louviot

Doucement, ils ont ouvert leur bouche. Doucement, ils ont ouvert leurs yeux. Doucement, ils ont ouvert leurs tympans. Toujours ils sont reliés-soudés. Depuis toujours. Trois frères et une sœur reliés par un objet, le même dans leurs mains : le Dire-Dire.



2006

Liquidation
Imre Kertész
Mise en scène : Eric Louviot

Nous appellerons notre homme le héros de cette histoire Késéru "amer".
On imagine un homme puis le nom qui lui convient. Ou au contraire : on commence par imaginer un nom, puis l’homme qui convient.





Blanche Aurore Céleste
Noëlle Renaude
Mise en scène : Eric Louviot

Papa frappa maman. Maman tomba sur le lit. Papa plein de remords sauta sur maman.
Ils me conçurent. C’était le matin. Au chant du coq. Ils m’appelèrent Blanche. Y accolèrent Aurore. Et ajoutèrent Céleste. J’arrivai en même temps que l’averse, face à la fenêtre.




2005

Opus Incertum 1
Edward Bond - Jean-Yves Picq
Mise en scène : Eric Louviot

Pourquoi tu me parles pas? Tu veux que je te dise ce que je dessine ? C’est une histoire. C’est beau. Regarde – L’homme s’est levé un matin et il a dit : "Aujourd’hui je vais aller à l’endroit le plus éloigné qui soit". Ca fait loin. Si notre fenêtre était dix fois plus grande – cent fois plus grande ! – on pourrait pas voir aussi loin.



2003


Berlin ton danseur est la mort
Enzo Cormann
Mise en scène : Eric Louviot

Gretl : Que disiez-vous ? Ah c’est cela, oui je comprends, on ne sait pas, on ne peut pas savoir, on croit, on conjecture, on fait des rêves, des plans sur la comète, on mise et puis des fois on perd.




Monsieur Armand dit Garrincha
Serge Valletti
Mise en scène : Eric Louviot

C’est çà que vous voulez ? C’est çà que vous voulez ? C’est çà qu’ils veulent ! Ils le veulent ! Mettez la lumière ! Mettez-la là, la lumière ! Allez-y ! Je ne vais pas me battre des années pour rien ! Qu’on la mette la lumière, puisque c’est ça qu’ils veulent !



2001
La résistible ascension d’Arturo Ui
Bertolt Brecht
Le Bonimenteur : Cher public, nous vous présentons – Taisez-vous, les gens tout au fond ! Chapeau là-bas, la jolie dame ! – Des gangsters l’historique drame : Inédites révélations sur la scandaleuse affaire de la pseudo-subvention aux pseudo- travaux portuaires…



2000
Au bout du comptoir la mer
Serge Valletti
Dario ! Dario ! Où est-il encore passé ? Dario ! Y a personne… Il est parti ? Je ne sais pas moi… Où est-il encore allé… ? Eh dis-moi, Dario ! Il est parti ? Pétard…Je vais me servir tout seul… Après il va venir, il va m’engueuler parce que je me sers tout seul…


Mary’s à minuit
Serge Valletti
Il m’a dit que j’avais de beaux yeux… Qu’est-ce que çà veut dire ça ? C’est comme quand l’autre, l’autre jour, il m’a dit que j’avais de jolies jambes… Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?
S’il essaie d’insinuer par là qu’il veut me sauter, il n’a qu’à dire : Je veux te sauter !



1999
Falaises
Jean-Yves Picq
Ne te retourne pas ! Déjà hier et avant-hier et tous les jours précédents, je t’ai observé, venant à cette même heure sur cette côte pour écouter la mer, sans doute, et le vent, du haut de ces falaises – vertigineuses, n’est-ce pas ?


Partition
Jean-Yves Picq
Notre frère était journaliste dans un journal de province. Il disait aimer cela. Nous avions été nombreux dans la famille. Nous étions cinq. Chacun faisait sa vie. Chacun faisait sa vie comme il l’avait entendue. Ca ne reste toujours qu’une abstraction.


Celle-là
Daniel Danis
Le Vieux : Je ne peux pas te dire grand-chose. C’est arrivé. Un gang de jeunes. Ils sont entrés pour voler. Voler, fouille-moi quoi. Mes yeux se sont ouverts avec les bardes. Je suis descendu en pyjama. Elle était là. Raide là. Morte.



1996
Roulette d’escrocs
Harald Müeller
Krempel : B’jour, M’sieur Meschke !
Meschke : Ah, la dame Krempel !
Krempel: Qu’est-ce à dire?
Meschke : Vous le demandez encore ?



1995
Tonkin-Alger
Eugène Durif
Octave : Hauts comme trois pommes quand on allait faire des concours de longue chez son père. Ca me fait drôle.
La Brocante : Heureusement qu’il y en a pour aller leur montrer aux coupeurs de routes !



1993
La manie de la villégiature
Carlo Goldoni
Leonardo : Qu’est-ce que vous fabriquez ici ? Il y a cent choses à faire et au lieu de les faire, vous perdez votre temps !
Paolo : Pardonnez-moi, monsieur, mais je crois que préparer la malle est du nombre des choses qu’il faut faire.



1992
Le petit bois
Eugène Durif
De nuit, alors il n’y en aura plus. Les chiens aboient, je les entends, loin puis proches. J’ai froid. Les yeux se ferment malgré eux, je n’ai plus peur, de nuit il n’y en aura plus, et la lumière ou l’ombre cela n’aura plus d’importance.



1991
La danse de mort
August Strinberg
Le Capitaine : Tu ne voudrais pas jouer pour moi ?
Alice : Jouer quoi ?
Le Capitaine : Ce que tu veux !
Alice : Tu n’aimes pas mon répertoire !



1990
Mémoires saturées
Gilles Boulan
Bernard : Je suis là
Karlin : Oui ! Je vois… Vous pouvez vous asseoir… Qu’est-ce que vous attendez ?
Bernard : Il n’y a pas de chaise.
Karlin : Non ! Pas dans mon bureau !… J’ai horreur des chaises !



1989
Néfertiti
Andrée Chedid
Boubastos : Moi, Boubastos, élève et fils d’Amino – le scribe aux doigts agiles – ayant trouvé refuge auprès de la reine Néfertiti dans le Château Septentrional, j’écrirai, jusqu’à complet achèvement, tout ce que la reine et ma mémoire me dicteront.



1988
Feux
Eric Louviot
Hommes qui naissez du tournoiement magique, écoutez ! Ecoutez !
A l’heure où la nuit bascule dans vos mondes inconscients, çà pue le souffre, çà souffle des vipères utérines. Il faut que çà se presse. J’entends déjà vos monstres arriver. Votre nuit d’épouvante dans toute sa majesté. Ecoutez ! Ecoutez !



1987
Femmes Parallèles
François Billetdoux
Léonore : Seigneur, c’est sans haine et sans colère que je me barricade. Mais il ne respecte plus votre créature Seigneur. Ni rien vous n’imaginez pas. Je ne suis pas son matelas. Je ne suis pas née au monde pour devenir la paillasse d’un impur.



1986
En pleine mer
Slawomir Mrozek
Le Gros : J’ai faim.
Le Moyen : Je mangerais bien un morceau.
Le Petit : Avons-nous épuisé les provisions ?
Le Gros : Les provisions sont entièrement épuisées. Il n’en reste plus une miette.



1985
Les bonnes
Jean Genet
Claire : Et ces gants ! Ces éternels gants !, Je t’ai dit souvent de les laisser à la cuisine.
C’est avec ça sans doute, que tu espères séduire le laitier. Non, non, ne mens pas, c’est inutile.
Pends-les au-dessus de l’évier. Quand comprendras-tu que cette chambre ne doit pas être souillée ?



1983
Lénore
Bürger / Nerval
Lénore au point du jour se lève, l’œil hagard, le cœur opressé
Elle a vu passer dans un rêve, pâle et mourrant son fiancé



1982
Le lis de mer
André Pieyre de Mandiargues
La plage de Sainte-Lucie-de-Siniscola est une longue étendue de sable entre le rivage du golfe et des rives d’eaux saumâtres où les roseaux prospèrent. Devant les étangs, il y a de petites dunes pointues de chardons secs et de coquillages.



1981
Salammbô
Gustave Flaubert
C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. Les soldats qu’il avait commandés en Sicile se donnaient un grand festin pour célébrer le jour anniversaire de la bataille d’Eryx, et comme le maître était absent et qu’ils se trouvaient nombreux, ils mangeaient et ils buvaient en pleine liberté.